Voyager à vélo avec bébé : quoi emporter?

16 février 2016.Isis Gagnon-Grenier.0 J'aime.8 Commentaires
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Comment préparer un voyage d’un an à vélo avec une petite bébé de 5 à 17 mois? Comment s’assurer de répondre à tous ses besoins tout en limitant au maximum le poids et le volume à transporter? Nous y avons longuement réfléchi avant de partir, et suite à nos tests préliminaires et premières semaines de voyage, voilà ce qu’il nous reste.

1. La transporter

Nous avons une remorque Croozer 2 places (pour aller plus loin : lire le bilan de notre remorque après 5 mois de voyage) que nous avons aménagée spécialement pour Yaëlle. Notre petite fille se trouve du côté droit, opposé aux voitures. Elle est installée dans un hamac spécialement conçu pour les bébés vagabonds. Le siège restant a été transformé en table à langer par le papa de Clément : une petite planche en bois découpée au bon format. Très pratique en tout temps!

Nous avons aussi un porte-bébé de marque Ergobaby, que nous utilisons lorsque nous nous promenons à pied. Il nous sert aussi de plus en plus lorsque nous voulons cuisiner ou utiliser nos deux mains quand Yaëlle n’a pas envie de jouer toute seule. Elle adore se retrouver face au monde à hauteur d’adulte et cherche à attraper tout ce qui se trouve à portée de main.  Vigilance constante!

2. La vêtir

Entre nous, cela a été la partie la plus difficile de tous nos bagages. Quels vêtements emporter, entre les super jolis mais qui ne lui feront bientôt plus, les plus grands mais moins sympas, et les myriades de cadeaux reçus? Finalement, le lendemain de notre vrai départ, nous avons regretté d’en avoir pris autant. Nous n’avions utilisé que le sixième de tous ses vêtements quand on a fait notre première lessive… Nous en avons donc redonné près de la moitié aux parents de Clément lors de nos retrouvailles à l’Île de Ré.

Nous avons conservé les plus grands et les plus confortables : environ 5 bodies, 2 bodies à manches longues, 2 pantalons, 2 pantalons moulants, 3 gilets, 1 salopette, 1 pyjama, 2 robes, 2 collants, 3 paires de bas et une paire de chaussons.

3. La nourrir

Comme je l’allaite et que je n’ai pas prévu de la sevrer (éventuellement, c’est elle qui décidera quand elle voudra arrêter), nous n’avons pas besoin de grand chose pour la nourrir. Nous avons pris une petite cuillère et 3 bavoirs. Pour tout le reste, elle se débrouille comme nous : avec peu. Elle mange présentement dans nos assiettes, de minuscules quantités de légumes, céréales, légumineuses et fruits bien écrasés et mélangés avec de l’eau ou du lait maternel. Elle mordille aussi avec délice des morceaux de carottes, céleris ou pommes. Elle boit dans le couvercle de notre thermos, avec lequel elle joue aussi souvent. Pour le moment, tout va bien.

Note pour les mères véganes allaitantes : je me supplémente en vitamine B12, en vitamine D végétale, et je m’assure de combler tous mes besoins nutritionnels en mangeant régulièrement des dix groupes alimentaires végétaux.

4. La couvrir

Nous avons un manteau une pièce, un peu trop grand pour elle, 2 tuques (bonnets), un cache-cou, 2 couvertures, et une couverte spéciale Babynomade. Avec cela, elle est confortable par toutes températures jusqu’à quelques degrés sous zéro.

Pour la promener sous la pluie, nous avons une bâche qui recouvre intégralement la remorque et un sur-sac que nous utilisons comme couvre-bébé pour les allaitements sans toit. J’ai l’air de rien, mais ça a le mérite de fonctionner, alors bon.

5. La changer

Nous avons amené 7 couches réutilisables avec 10 gros inserts (pour la nuit et les moments où on ne peut pas la changer rapidement), et 10 petits inserts (pour le reste du temps). Selon les jours et les humeurs de Yaëlle, et selon notre capacité à répondre à ses besoins, on doit les laver environ tous les 4 à 6 jours.

Nous avons aussi 2 débarbouillettes que nous lavons à chaque utilisation, et quelques pellicules de plastiques réutilisables que nous pouvons insérer dans la couche pour diminuer les dégâts, de nuit par exemple. Pour le moment, nous ne les utilisons pas beaucoup.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre guide survie des couches lavables en voyage à vélo.

 

Finalement, nous avons un carré de tissus fabriqué en housse de matelas, doux d’un côté et en plastique imperméable de l’autre, qui a au moins trois fonctions : elle dort dessus la nuit pour s’assurer qu’elle ne mouille les draps des gens qui nous accueillent ; on lui enrobe les pieds avec dans la remorque quand il fait sous les 8 degrés ; et on l’utilise parfois pour la coucher sur le sol quand celui-ci est humide.

6. La laver

Nous avons choisi un savon pour bébé Weleda, biologique, à la calendule. Nous l’utilisons depuis sa naissance; Il ne lui fait pas du tout mal aux yeux, et elle aime même le manger! Sa serviette de bain, cadeau de sa grand-maman canadienne,  prend 3 fois plus de place que notre serviette de bain commune à Clément et moi. Mais elle a une capuche de lutin, alors ça vaut le coup!

Nous avons aussi 7 débarbouillettes pour ses régurgis, sa salivation extrême et ses dégâts de fillette qui apprend à manger. Je me demande encore si on ne pourrait pas en laisser tomber quelques-unes et les nettoyer plus souvent… C’est à suivre!

7. Lui donner ses médicaments

Comme Yaëlle a été opérée pour une malformation cardiaque, elle doit prendre une toute petite dose d’aspirine tous les jours pendant 6 mois (c’est bientôt fini youpi!). Elle a un petit pot de capsules, un gobelet où vider le contenu des capsules, et une seringue de 5 ml que nous utilisons quotidiennement pour fluidifier la circulation sanguine dans son petit cœur réparé.

Nous avons aussi un tube d’onguent sans antibiotiques avec de la vitamine E et un onguent aux plantes médicinales avec lesquels nous massons alternativement sa cicatrice d’opération de 2 à 3 fois par jour.

Nous traînons également avec nous un petit thermomètre, son carnet de santé et deux-trois bricoles pour réparer les bobos.

8. Lui permettre de jouer

Nous avons choisi d’amener 3 jouets, soit un petit mouton aux longues pattes, une spirale avec des petits animaux et fruits avec grelot et textures différentes, et un carré de tissus avec plein d’étiquettes. Nous avons aussi apporté 2 livres, un petit cartonné et un autre un peu plus élaboré, que nous lisons (et qu’elle dévore) tous les soirs avant de la coucher.

Bien sûr, il faudra changer de jouets au cours de l’année. En fait, il faudra aussi changer de vêtements, et s’adapter à sa taille, ses goûts, ses types de découvertes. Nous prévoyons donner ce qui ne fonctionnera plus à des familles que nous rencontrerons sur le chemin, faire des échanges, et visiter des friperies en cours de route. C’est là l’idéologie de base de notre voyage : nous nous adapterons à Yaëlle au fur et à mesure de son développement, toujours dans une optique de simplicité volontaire et de décroissance.

Il nous arrive régulièrement de rencontrer des gens qui ont un jouet ou deux à lui prêter le temps d’une soirée, comme un livre en tissus (merci à Marc et Sophie) ou un bracelet à grelots (merci à Virgile). Elle en profite à fond puis elle passe à autre chose. Yaëlle joue aussi beaucoup avec des objets qui ne sont pas prévus pour être des jouets, comme des supports à vêtements, des coussins ou des contenants. Que lui importe l’usage normal des objets, si elle peut les manipuler à sa guise, développer sa dextérité et s’amuser?

Alors pas de stress 🙂

Finalement, à voir ses sourires, son bonheur, son ouverture et sa curiosité sans limites, on croit qu’on a bien fait. Yaëlle est une bébé heureuse et comblée qui ne manque de rien.

Et vous qui voyagez avec de jeunes enfants, avez-vous des bagages similaires? Auriez-vous retiré ou ajouté des items à notre liste des objets à emporter? Et vous qui voyagez moins, est-ce que notre expérience pourrait vous donner la piqure?

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Catégorie(s) : Famille

Commentaires (8)

  • Schmitt . 2 mars 2016 . Répondre
    Bonjour 🙂
    Tout d’abord merci pour le partage de votre si belle expérience! Le blog est très chouette… Et l’aventure, incroyable!
    J’avais envie de vous dire cela mais aussi de partager une idée.
    Connaissez vous les vêtements en laine en mérinos Manymonths? Le mérinos c’est génial car hypo-allergénique, d’un grand pouvoir thermorégulateur, ça ne gratte pas, ça se lave de temps en temps car la laine n’accroche pas les saletés. Et en plus cette marque fait des vêtements évolutifs qui dure des mois!! Ca coute un peu cher, mais aux vues des mois d’utilisation et du confort apporté (finies les interrogations: « mon bébé a t il froid? Chaud? Dois je lui ajouter une couche, lui enlever?), je trouve que c’est raisonnable. Un réel coup de coeur pour moi. Johan, mon petit garçon, ne veut plus quitter ses body en laine. Je vous donne un site que j’aime bien si ça vous intéresse: taper mamoulia dans le moteur de recherche, ou lisez le blog de minuscule infini qui en parle elle aussi.
    Je vous souhaite une très belle aventure. J’applaudie votre courage et votre joie de vivre.
    Adélaïde
    • Clément Courte . 4 mars 2016 .
      Bonjour Adélaïde,

      Merci pour ton commentaire et ton retour d’expérience. Comme nous l’expliquons à quelques reprises sur le blogue, nous sommes véganes. Cela signifie que l’on cherche à faire cesser l’exploitation des animaux sentients (qui ont la capacité à ressentir la douleur) sous toutes ses formes. Pour ce qui est de la laine, il faut dire que jusqu’à il n’y a pas si longtemps, nous n’étions (naïvement) pas complètement contre jusqu’à lire plus en détails sur le sujet (comme cet article : http://antigonexxi.com/2013/01/23/touche-pas-a-ma-laine-2/).

      En fait, c’est à la suite d’une discussion sur la laine mérino conseillée par des ami.e.s cyclo que nous avons décidé d’approfondir la question…

      Bref, nous sommes éventuellement à la recherche d’alternatives véganes. En attendant, nous faisons avec nos vêtements synthétiques. Aussi, nous portons encore nos vêtements en laine d’avant car il serait ridicule et contre nos valeurs de les jeter à la poubelle tant qu’ils sont utilisables. Nous aimons particulièrement nos manteaux en Gore-Tex et nos pantalons imper-respirants pour lutter efficacement contre le froid et la pluie.

      Pour ce qui est de Yaëlle, elle est dans sa remorque. Donc à l’abri de la météo capricieuse. Et on s’arrête quelques fois par jour vérifier qu’elle n’a pas trop chaud ou trop froid. On possède aussi un compteur de vélo qui a une fonction thermomètre ce qui nous donne une idée de comment va notre petite précieuse.

      Enfin, c’est souvent notre fille qui réagit avant nous si elle a trop chaud (elle n’a à notre connaissance jamais eu trop froid) en faisant des petits bruits. Et pour nous, c’est l’occasion de faire une pause!

      Merci pour les encouragements et bons voyages à venir avec ton fils!

      Clément, Isis et Yaëlle

  • Office de Tourisme . 20 juillet 2016 . Répondre
    Suite à votre passage à l’Office de tourisme de Romans (Drôme) le 20 Juillet 2016, toute l’équipe a été émerveillée de découvrir votre aventure !
    et vous encourage pour la poursuivre jusqu’au bout !… Une pensée particulière à Yaelle qui a bien de la chance de découvrir le monde de cette façon….
    Cdlt
    Chrystelle, Nadine et Maria del Carmen (la Valencienne !)
    • Clément Courte . 28 juillet 2016 .
      Bonjour et merci à toute l’équipe de l’Office de Tourisme! Votre carte de la région Rhône-Alpes nous est très utile. Nous poursuivons notre route dans les montagnes. Nous sommes actuellement dans Belledonne et prévoyons descendre un peu plus au Sud pour le mois d’Août et y faire de l’escalade. En Septembre, nous devrions rejoindre l’Italie et continuer tranquillement notre route vers la Grèce (en tout cas, c’est le plan en ce moment!). Au plaisir!
  • Hidie Christine . 29 juillet 2016 . Répondre
    Bonjour Clement, Isis et Yaelle. Qu’elle belle aventure ! Yaelle a beaucoup de chance d’avoir des parents comme vous. Je trouve votre aventure magnifique… J’insiste fortement pour vous inviter un jour à faire escale à Sainte. Au plaisir de se revoir et de faire connaissance avec Isis et Yaelle (beau bébé) 🙂 Christine .
    • Clément Courte . 29 juillet 2016 .
      Merci Christine pour le commentaire! Nous ne sommes pas passé.e.s très loin de Saintes l’hiver dernier… Nous étions sous des trombes d’eau et avions l’envie farouche de soleil et d’Espagne (voir notre article : L’Estuaire à contre-courant). Heureusement, on prévoit rester quelques années en France après notre voyage. L’occasion de se revoir ne devrait pas manquer! Pleins de bisous à toi et ta petite famille! 🙂
  • Nathanaëlle . 21 avril 2017 . Répondre
    Bonjour les petits curieux-euses,
    En août, nous partirons de Lima pour 6 mois de vélo vers le sud avec notre petit garçon qui aura entre 8 et 14 mois. Autant dire que beaucoup de questions se posent : l’altitude, le froid (vêtements techniques de taille adaptée, sac de couchage pour survivre jusqu’à -15°c), la nourriture etc… et bien sur les couches lavables (et jetables dans les zones arides).
    Il faut évidement y réfléchir avant de partir mais je crois que les premières semaines de vélo serviront à affiner nos stratégies selon ses besoins car on ne peut pas tout prévoir ni tout imaginer à l’avance.
    Vivement le départ !
    • Clément Courte . 13 mai 2017 .
      L’Amérique du Sud! En voilà une sacré aventure pour votre petit garçon! Effectivement, c’est une autre paire de manche et un tout autre défi qui vous attend… Mais en se faisant confiance, en préparant et en s’adaptant sur place aux différentes situations qui se présentent, tout devrait rouler comme sur un vélo (désolé pour la blague bidon…).

      Notre dernier recours quand tout fout le camp, c’est de se réfugier dans un camping, un hôtel ou encore de demander et/ou de se faire offrir l’hospitalité (ce qui est arrivé dans la grande majorité des cas). Avec un enfant en bas âge, nous transportons un passeport qui mène droit au cœur des gens et qui nous fait faire tout plein de rencontres qui ne seraient jamais arrivées autrement. Le voyage à vélo étant déjà une source d’inspiration et d’admiration dans bien des cas.

      Enfin, pour la question du froid, quand la température descend en dessous de 10°C, nous couvrons notre fille dans sa remorque avec l’un de nos sacs de couchage. Elle n’a jamais eu froid! 🙂

      En vous souhaitant un excellent voyage et de belles aventures avec votre petit garçon!

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