La côte méditerranéenne : laisse béton

Carnet de voyage #13

5 janvier 2017.Clément Courte.1 J'aime.4 Commentaires
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DATES: DU 17 AU 25 MAI 2016
DISTANCE TOTALE PARCOURUE: 2758 KM
ÉTAPES: PRADES, CLAIRA, PORT-LA-NOUVELLE, AGDE, MONTPELLIER, CASTELNAU-LE-LEZ

Suite à nos dernières aventures dans les Pyrénées, notre plan était de rejoindre l’Ardèche pour y cueillir des fruits. Souhaitant arriver à temps, nous avons décidé d’aller au plus plat : par la côte méditerranéenne. Bien que nous redoutions d’être enseveli.e.s sous le béton, nous nous retrouverons plutôt perdu entre les lacs et la mer à patauger bien malgré nous dans la gadoue!

1. Rejoindre la côte

Partir de Prades rimait donc avec affronter à nouveau la nationale à 4 voies. En descente cette fois-ci, cela ne fût pas si pire : vite passé, vite oublié! Ce premier mini-boss derrière nous, la mission du premier jour est donc d’aller rejoindre la côte méditerranéenne. Au départ, nous ne savions pas vraiment quel itinéraire prendre. Nous avons même étudié l’éventualité de faire un crochet par Carcassonne. Mais nous nous sentions un peu pressé.e.s par le temps et ne voulions surtout pas arriver en retard pour la saison de cueillette (suite de l’histoire au prochain épisode).

Finalement, c’est un peu par hasard (merci googlemaps) que nous trouverons une piste cyclable longeant l’Agly, un peu après Rivesaltes. Cela nous a permis de contourner Perpignan. Voyant manifestement que nous n’arriverons pas à la mer ce soir-là, nous profitons du calme relatif des abords de la piste pour y passer la nuit. Au petit matin, horreur, malheur : des mini escargots ont pris d’assaut la tente. Nous devrons les déloger gentiment pour pouvoir la replier!

Sur la piste cyclable, nous croiserons de nombreux vélo-taffeurs, retraités en vélos de course de compet’ et coureurs en leggins. Bref, c’est avec plaisir que nous distribuerons nos bonjours et sourires aux usagers de cette belle piste cyclable. Un peu avant midi, nous rejoignons enfin la mer. Un marché public nous attend au premier village côtier, Le Barcarès, pour le plus grand bonheur de nos bedons affamés!

2. Les canaux de la Robine et du Midi

Nous nous retrouvons donc pour les prochains jours à longer la côte sauvage de la Méditerranée. Une étroite bande de terre (et de cailloux) entre la mer et les lacs. Nous apprécions la présence de nombreux points d’eau empêchant la construction massive de plages bordées de béton. Le deuxième soir, après avoir un peu galéré pour trouver un espace assez large pour planter la tente, nous dormirons le long du canal de la Robine. Malgré la ligne de chemin de fer au loin et la tempête sur nos têtes, on dormira quand même comme des beaux bébés qui dorment! 🙂

Une grosse étape de 76 km nous attend pour notre troisième jour de reprise. Un warmshower, Dimitri, nous attend à Agde. Il nous a d’ailleurs conseillé d’accéder à la ville par le Canal du Midi. Manque de bol, le canal fini sa course en mode parcours du combattant : disparition soudaine de l’asphalte, un chemin de plus en plus petit et une écluse bien spéciale avec des barrières métalliques nous demandant de soulever nos vélos (avec les sacoches) et de détacher la remorque, etc. Yaëlle, endormie, s’est réveillée après que nous ayons passé la dernière barrière. Hop, une tétée et ça repart!

3. La ville des gens tous nus et des volcans d’antan

Nous arrivons à Agde après un combat forcené contre les broussailles longeant le canal. Et, c’est un peu découragé.e.s et franchement paumé.e.s que nous entrons dans la ville. Heureusement, notre sauveur Warmshower viendra à notre rescousse!

Ensemble, nous profiterons de la fin de journée pour aller faire un petit tour de « la perle noire de la Méditerranée ». Oui, noire, car de nombreux bâtiments ont été construit en basalte, une roche volcanique très dure à sculpter. Ce qui donne un côté relativement austère à la ville. C’est dire, j’ai été dérouté quand Dimitri m’a confirmé que les silos en forme de château là-bas bah en fait, c’est la Cathédrale… Bref, hormis sur les façades de la ville, les anciens volcans se font discrets. Ils font maintenant quelques mètres de haut et il faut pas mal d’imagination pour deviner leur passé glorieux.

Après un bon repas, des discussions fort enrichissantes et une bonne nuit au chaud, nous quitterons Dimitri le lendemain matin, en évitant soigneusement de passer par le Cap d’Agde. Mondialement réputé pour ses plages nudistes et son overdose de béton!

4. Supplique pour ne pas être enterré sur la plage de Sète

Nous filerons donc vers Sète. Et à défaut d’avoir pu goûter au béton du Cap d’Agde, nous nous émerveillerons devant le béton de la capitale mondiale de la Brassenssitude. Autrement dit, si vous vous retrouvez un jour à passer par là, attendez-vous à entendre du Brassens PARTOUT : à l’Office de Tourisme, dans les haut parleurs municipaux, dans la bouche des chanteurs/euses de rue, comme thématique de quasi tous les festivals de la ville, etc. Devant tant de bêtise capitaliste, Brassens l’anarchiste doit bien se retourner dans sa tombe qui, de surcroit, se trouve être bien loin de sa plage tant désirée

Finalement, venu le temps de quitter la ville, nous serons pris dans un piège machiavélique anticyclistes. Des déviations et des panneaux de signalisation pas clair nous font tourner en rond. Nous sommes prisonnier.ière.s de cette ville-port-colline tentaculaire. C’est l’impasse! Des passants, finalement, nous aiderons à nous sortir de ce mauvais pas. Nous aurons à peine le temps de souffler car un tout autre traquenard, encore plus inextricable nous attend… Attachez vos tuques!

5. La gadoue, les tranchées et les vieux en V.A.E.

Pour rejoindre Montpellier, nous prévoyions suivre une fois de plus un canal : le canal du Rhône à Sète. Aussi surnommé le canal des étangs, il passe en plein dans l’eau. Et s’aviser de faire demi-tour est un choix lourd de conséquences en terme de kilomètres supplémentaires. Qu’à cela ne tienne, il fait beau alors autant en profiter! Et manque de bol, patatra, le chemin longeant le canal est en travaux. Des énormes ornières de boue, des petites passerelles précaires en métal et des grosses roches vont pimenter légèrement cette traversée. Tous les cyclistes que nous croiserons en contre-sens nous affirmerons qu’avec notre chargement et la remorque, nous aurions bien de la misère à circuler. Et il.le.s avaient raison! On a constaté, on en a bavé mais on est passé.e.s!

De l’autre côté, de belles pistes cyclables s’offrent à nous et viennent mettre un peu de soleil dans cette folle journée! Nous nous amuserons même à doubler les retraité.e.s anglais.e.s sur leurs vélos à assistance électrique (communément appellés V.A.E.)… Parce que bon!

6. Montpellier : l’enfer et les ami.e.s

Dernière ligne droite pour rejoindre Montpellier, une belle piste cyclable longeant le Lez nous offre une trêve bien méritée. Avant de nous replonger en enfer… Montpellier étant tout sauf une ville adaptée aux cyclistes : des pistes cyclables commençant et finissant nulle-part, plein de trafic, des automobilistes pas vraiment conscient.e.s du danger qu’illes représentent, etc! Après nos dernières journées quasiment coupée de la folie motorisée, cela fait toujours un choc!

Autant vous dire que la pause de quelques jours chez notre ami Valentin nous a fait le plus grand bien. Nous en profiterons pour rendre visite aux ami.e.s montpelliérain.nes, se faire une petite escapade au Pic Saint-Loup, grimper une journée au Thaurac avec le ventre en vrac, faire du dumpster diving, tenter de sauver la vie à une tortue agonisante et bien sûr jouer à Trivial Poursuit les jours de pluie! Yaëlle de son côté découvre de nouvelles perspectives en se tenant pour la première fois debout sur ses deux pattes (en se tenant aux meubles, certes).

Bref, la côté méditerranéenne, quand on se débrouille bien, on s’évite quand même pas mal de béton. Et les nombreux lacs, canaux et cours d’eau, lui donne un aspect sauvage auquel on ne s’attendait pas particulièrement. En somme, une belle découverte!

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Commentaires (4)

  • cigogno . 7 janvier 2017 . Répondre
    Bonjour, après cette belle lecture plein de soleil et nous en avons bien besoin en ce moment car chez nous il fait un froid canadien.
    Nous en profitons pour vous souhaitez une très bonne année 2017 avec joie, bonheur et santé pour vous trois et continuer à nous faire rêver avec vos belles photos et vos récits. Bisous de nous quatre. Véronique, Marine, Guillaume et Jean-Christophe.
    • (Auteur) Clément Courte . 16 janvier 2017 .
      Merci à vous quatre pour vos vœux joyeux! De notre côté, on vous souhaite de bien profiter de l’hiver malgré les températures canadiennes (-35°C, vraiment? 😉 ), pleins de belles balades à vélo, des beaux moments en famille et pleins de belles réflexions et réalisations pour la nouvelle année! On vous embrasse! Clément, Isis et Yaëlle
  • Val . 7 janvier 2017 . Répondre
    Magnifique!
    • (Auteur) Clément Courte . 16 janvier 2017 .
      Merci Valery! Pleins de bisous à toi et Arlo! 🙂

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